Empreintes bretonnes : un travail d'archivage

Mémoires d'H.L.M.

Les H.L.M. de Maurepas à Rennes

Tout d’abord « Empreintes bretonnes » est un travail d’archivage. L’archive correspond à une volonté de collecter, conserver et transmettre ces images “ordinaires” qui sont une mémoire d’une région et de ses habitants.

Durant mes études de photographie, j’ai choisi un thème pour mon mémoire de fin d’études. C’est ainsi que j’ai choisi de réaliser une série de prises de vue des gens dans les H.L.M. du quartier de Maurepas à Rennes. A cette période, j’ai enterré mon frère, ma mère un an après ; Comme je l’avais fait quelques années auparavant pour mon père. Il faut dire que chaque jour, à chaque instant, l’individu perd quelque chose : un objet, une image, un souvenir, une illusion, l’enfance, un désir, un travail.

Empreintes bretonnes, une mémoire

Grâce à  la la photographie j’avais la possibilité d’avoir une famille, par procuration… Une boulimie d’images ! Une soif de « récolter » les indices de l’intime culturel des gens que je croisais. En d’autres termes, il s’agissait d’archiver une certaine représentation de rennais en H.L.M.. Des clichés en noir et blanc, pour en faire une mémoire, à la veille du XXIème siècle. J’ai démarré par le quartier de Maurepas avec la complicité de Daniel Erhel.

Voilà pourquoi ce travail a été concrétisé par la réalisation d’expositions : Mémoires de Femmes  en 1991, Histoires de Familles en 1992. Ces images ont été restituées sur des panneaux devant des commerces du quartier, pour une plus grande visibilité par les habitants. Les gens s’arrêtaient autour pour parler, laissant place (un instant) à une vie de village ! Une partie de ce travail a été publiée dans un ouvrage paru en 1994 : Mémoires d’H.L.M.   

Le regard des autres, comme un miroir différent où se mêlent moments et sentiments. Drôles ou tristes, frêles ou forts, il y a des gens qui ont le visage si familier qu’on entre chez eux sans frapper. Des couloirs où patientent les épouses prises au piège des enfants, mais sages, se consolent avec leur refrain. Et voilà, formidable vieillard superbe de chagrin, la solitude des vieux amants ou l’autre est parti ;  et l’on se demande encore qui attend l’autre.

Caryl Ferey

Les photographies de Nelly nous montrent une culture en quelque sorte inachevée, ou mutilée : la reine télé, mais pratiquement pas de livres, l’art bibelot, mais si peu individualisé que deux horloges murales se révèlent identiques, au cadran près. Elles nous montrent que les auteurs sont plus souvent Maxwell (le café), Kanterbräu et Mixa bébé que Malraux, Beethoven ou Monet.

La force qui anime l’artiste, la volonté qu’on sent pesée, réfléchie, de rompre l’anonymat de la grande ville, avec la photographie. Son travail est, au plus noble du sens du mot, un travail engagé.Son engagement, elle le doit à son amour de la vie, à son sens de la relation également.

Alain Croix

Le plaisir de la rencontre

Images en noir et blanc, glanées sur plusieurs années consacrées à photographier des gens,  beaucoup de femmes, souvent rennaises, chez elle. « Chaque photographie tient avant tout dans le plaisir de la rencontre. Je porte un grand intérêt à ce qu’il y a sur les murs, aux bibelots ; ils racontent toute une histoire.

Miroirs du cœur, miroir de l’âme, le regard que Nelly Kerfanto porte sur les êtres se pare toujours de la chaleur d’une affection. Elle les photographie avec intelligence, sensibilité, pudeur. Au travers d’un miroir, pour garder ses distances et dévoiler dans le même temps l’envers du décor, les coulisses de la scène.

Gwénaëlle De Carné

Les gens chez eux

Empreintes bretonnes - Elodie

Les gens acceptent de recevoir Nelly chez eux. Plus encore, ils lui donnent des adresses en lui indiquant qu’elle aimera y aller. Elle entre, invitée. S’assoit au bord de la table. S’enivre de paroles, de sensations relationnelles. Elle attend. Quoi ? Le moment magique. Celui qu’elle enregistrera sur la pellicule : le plus profond de sa rencontre avec son sujet, sur fonds d’osmose contextuelle.

Jean-Pierre Charton

D’autres publications
avec mes images

Où l’on découvre avec nostalgie, peut-être idéalisée, que ceux qui partent emportent dans leur sillage, plus qu’eux même, nous laissant livrés à nous mêmes, dans une forme de paradis perdu, ici bas.

Cette vidéo est composée d’extraits de films super 8 de Michel Kerfanto, réalisés en bretagne de 1960 à 1968 ; les souvenirs de mon frère Pierre. Montage Christine Gautier.